Avec cette fin d’année catastrophique pour beaucoup de professionnels de l’immobilier, tout laisse à croire que le premier semestre de
cette nouvelle année risque de faire quelques victimes parmi les cigales qui n’ont rien mis de coté pour l’hiver. Mais qui seront réellement les premiers touchés ? Va-t-on assister à un
écrémage du marché et des professionnels ?
Les agents immobilier vont-ils s’inscrire à la liste WWF des êtres en voie d’extinction ?
Tous les observateurs s’accordent à dire que le nombre d’intermédiaires s’est très nettement développé ces dernières années, et qu’il
était inévitable que cela engendre un nombre de fermetures important. On voit d’ailleurs déjà quelques agences qui ferment, mais nous sommes encore loin de l’hécatombe annoncée. Les 6 agences de
mon quartier sont toujours là, et aucune d’entre elles ne montrent le moindre signe de faiblesse. Ou peut-être si, moins de prospectus dans ma boite aux lettres…
Pourtant, n’est-ce pas dans les moments les plus difficiles qu’il faut communiquer ? N’est-ce pas lors des crises que l’on peut
prendre facilement des parts de marché sur ses concurrents ?
C’est facile à dire lorsque l’on appartient à une multinationale, mais l’artisan compte ses sous, et limite les frais.
Le maitre mot ne semble pas être le même pour tous, et rien ne change réellement pour celles et ceux qui avaient déjà l’habitude de
consommer en masse les espaces publicitaires. Mais combien de temps vont-ils encore pouvoir vivre sans réaliser la moindre transaction ? Aux vues des nombreux déménagements qui ont
occasionné des perturbations de trafic important, il semblerait que nous soyons très loin du zéro absolu.
Certes, il y a moins de transaction, mais « suffisamment pour vivre » me confiait encore hier un agent co. Ce qu’ils
ressentent, c’est avant tout une baisse de motivation de la part des acheteurs, et une incompréhension de la part des vendeurs. Ce qui était vrai hier, ne l’est plus aujourd’hui…
On a l’impression que la crise n’est pas vécue, mais subie. Un petit peu comme si on avait créé cette crise comme un produit marketing
que l’on essaie de vendre à toutes les sauces. Du coup, elle a bon dos la crise, car elle justifie tout et n’importe quoi. « J’ai pas pu vous rappeler à cause de la crise », « vous
savez, c’est la crise on ne pourra pas vendre à ce prix », « les acquéreurs ne visitent plus, car c’est la crise »…
LA CRISE…LA CRISE…LA CRISE…
Pour rassurer les professionnels, il faut savoir que les particuliers ne vendent plus non plus. Exigence élevée, manque de souplesse,
dossiers de financement rejetés, la crise ne les épargne pas non plus.
Mais où peuvent bien être cachés les acheteurs ? Aux vues de la progression des audiences de sites immobilier, les acheteurs
n’ont pas encore l’intension de cesser leurs recherches. Ils sont toujours là, à l’affut de la moindre opportunité, en repérage. On a l’impression
que nous sommes la semaine de calme précédant le grand rush des soldes. On arpente les magasins, on prend des notes, on questionne les vendeuses sur la probabilité de mise en solde de tel ou tel
article. Pourquoi n’ose-t-on pas à faire des propositions ? Pourquoi certains agents ne présentent même pas certaines offres jugées basses aux propriétaires ?
Personne n’est réellement en mesure d’estimer une date de fin de crise, même si souvent on entend parler dans la rentrée scolaire
prochaine. Nous regarderons ce premier trimestre avec attention, et les dégâts qu’il causera auprès des agences, mais aussi de tous les acteurs périphériques qui travaillent pour elles. La prime
au leader sera-t-elle de mise ?